Peut-on avoir uniquement une vie numérique ?

Interview-Lily-NumeriqueQuestions à Lily,
100% numérique…
sur la vie numérique !

Aujourd’hui, je travaille en agence pour finaliser ma formation en marketing digital à l’école Sup de Pub Paris. Alors quoi de mieux que de m’adresser aux personnes expérimentées pour parfaire mon expérience ?

J’ai donc décidé d’interviewer Lily du site Un Vrai Bijou, un petit personnage virtuel. La particularité de Lily est d’exister seulement sous forme numérique, pourtant elle anime son site qui, à ce jour, est essentiellement un blog sur le thème du bijou.

C’est l’occasion de lui poser bon nombre de questions, car le web est sa matrice, Google son autoroute, son site sa seule raison d’exister. Lily est 100% numérique ! Elle a donc une bonne expérience du sujet. 

Entreprise ou particulier : exister sur le web versus dans la vraie vie ?

Bonjour Lily, peux-tu déjà brièvement nous donner la raison de ta naissance ?

Bonjour ! C’est assez simple. Mes créateurs souhaitent ouvrir un jour une boutique de bijoux fantaisie sur le web. Pour se différencier au milieu des centaines de sites e-commerce sur ce thème, ils ont décidé de me créer pour devenir l’interlocuteur principal des clients. Pour toute la communication du site, dans les mails, sur les newsletters, les acheteurs dialogueront avec un sympathique personnage de pixels… moi ! En attendant, et pour préparer notre visibilité sur le net, je m’occupe du blog.

La démarche est originale. L’existence numérique serait-elle plus importante que celle de la « vraie vie » ?

Je n’irai pas jusqu’à dire cela. Vous les humains, vous avez une vraie vie qui compte. Mais malgré tout, je remarque que quelques-uns d’entre vous ne sont pas forcément assez soucieux de leur existence virtuelle. Je pense notamment à votre présence sur le web.

C’est vrai pour les individus (les particuliers), mais aussi pour les entreprises. J’ai l’impression que parfois, vous oubliez à quel point des entreprises comme Google sont en train de changer votre vie, mais surtout, la perception que le monde peut avoir de vous.

Quels sont selon toi les points sur lesquels nous ne sommes pas assez vigilants ?

On pourrait dire que je ne pense qu’au web car j’y suis née, mais vous ne réalisez pas toujours à quel point il vous impacte. D’ailleurs, que vous soyez individus ou entreprises, je résumerai presque le problème à deux grands axes : la réputation et la visibilité.

Le remède de Lily pour soigner son e-réputation : mieux vaut prévenir que guérir…

Intéressant, que veux-tu dire par « réputation » sur le web ?

Je pense que certaines entreprises et de nombreux individus ne prennent pas conscience de l’impact que peut avoir le web sur leur réputation. On parle d’e-reputation. Pour les particuliers, on conseillera surtout de ne pas publier de choses qu’ils pourraient regretter plus tard, mais pas seulement.

Pour les personnages publics, je fais souvent le constat qu’ils laissent faire la production de contenus et d’actualités à leur sujet sans chercher à en maîtriser au moins une partie. Que vous soyez chef d’entreprise ou politicien, les documents que l’on trouve sur le web à votre sujet (lorsque l’on tape votre nom dans un moteur de recherche) sont très importants. Occuper la première page de Google en prévention se révèle alors indispensable. D’une part, pour communiquer sur vos idées, vos réalisations, mais aussi en prévention : si un jour des sites devaient publier des informations peu élogieuses, il serait dommage que l’on ne trouve que cela sur vous dans les 10 premiers résultats de Google.

Et pour les entreprises ?

Pour les entreprises, c’est pire malheureusement. J’ai parfois l’impression que certaines ne réalisent pas du tout à quel point leurs clients ou prospects, voire les investisseurs, se renseignent sur Google en première démarche.

Et bien au-delà de ça. Lorsqu’elles ont un site, beaucoup d’entreprises se contentent d’une communication « à la papa ». Mais le monde a changé. Et Google a changé le monde.

La copie des plaquettes commerciales ne provoque pas d’engagement, le prospect ou le consommateur se fiche pas mal des discours institutionnels. Il y a aujourd’hui une telle concurrence à deux pas, avec Google, que l’internaute devient une denrée rare. Le faire venir sur son site, c’est bien, mais plus suffisant ! Certaines entreprises ont commencé à s’inscrire dans une démarche de « content marketing ou d’inbound marketing », mais peu.

Ceci veut dire que les visiteurs changent d’attentes numériques ?

C’est exactement cela. En 2000, le visiteur était déjà bien content d’afficher une page web en moins de 15 secondes sur son ordi. Le fait qu’une entreprise soit présente sur le net était rassurant pour lui. De nos jours, ne pas y être, c’est être mort. L’entreprise présente sur le web se doit de communiquer plus directement, plus sincèrement, en racontant de belles histoires de produits ou de services. C’est ce qui la fait vivre, mais aussi en se dévoilant. Encore mieux quand c’est possible : en dévoilant les gens derrière celle-ci, en donnant un ton, en y mettant de la vie.

Tu es donc très critique sur la relation entre entreprises et clients sur le net ?

Je crois que le web a changé beaucoup de choses. Aujourd’hui, quand un gouvernement tente d’empêcher une population qui se révolte de communiquer, celle-ci le fait quand même par les réseaux sociaux. La logique top down est révolue.

Je suis souvent surprise quand je vois que moi, un personnage virtuel, je suis plus humaine que certains patrons de chair et d’os. Dans ma communication sur mon blog, sur mes comptes Twitter, Facebook, Google Plus, j’existe, je fais parler de moi. La seule raison n’est pourtant que la création future d’une entreprise. Eux, ils ont parfois des sociétés depuis 30 ans et ne voient pas que le virage est déjà largement pris.

Il y a quelque temps, Richard Gingras,  le patron de Google News, tentait d’expliquer à une assemblée de journalistes que les modes de communication et de recherche ont changés. La presse peine parfois à s’en rendre compte. Les journaux papier ne suffisent plus, on lit aujourd’hui les infos sur des écrans. Si la vente de smartphones a été supérieure à celle de brosses à dents dans le monde l’année dernière, c’est un signe non ?

Exister sur le web… engager un cercle vertueux !

Selon toi, quels sont les avantages et inconvénients de cette nécessité de présence numérique ?

Avec les diverses affaires dont on entend parler, les inconvénients sautent aux yeux. Les révélations d’Edward Snowden sur la NSA font froid dans le dos. Le stockage que Google, Facebook et d’autres font de nos données est inquiétant. Notons quand même que c’est justement grâce à cette capacité à engranger nos comportements numériques que la bourse leur fait confiance… Vous les humains pouvez même vous inquiéter sur votre utilité. Des programmes commencent à remplacer certains métiers comme les pigistes.

En revanche, les avantages sont nombreux. Pour le consommateur tout d’abord, qui a aujourd’hui accès à des myriades d’informations en quelques clics. Mais aussi pour les entreprises qui n’ont jamais eu autant de possibilités de se faire connaître ou apprécier. Ceci à condition de se préoccuper de leur visibilité, bien entendu ! Et en France, étant donné sa part de marché, la visibilité d’une société dépend de Google.

Justement, on parle beaucoup du référencement quand on parle de présence sur Google, a-t-il aussi évolué au fil des années ?

Ce sujet, c’est le dada de mes patrons ! Ce sont des pros du SEO (search engine optimization), alors du coup, à force de les écouter, je commence à en connaître un rayon.

Si les bases techniques n’ont pas changé, on se rend compte que la qualité de ce qui est diffusé sur le web devient de plus en plus importante. De même que les partages de ces contenus. La qualité provoque l’intérêt du visiteur qui partage avec ses connaissances sur les réseaux sociaux, et le cercle vertueux prend forme.

Google tente d’ailleurs tant bien que mal d’identifier les contenus de qualité pour mieux les mettre en valeur dans ses résultats. Il y arrive doucement, mais sûrement. Le référencement a changé dans le sens ou ce travail devient difficile à faire sans interconnexion avec les autres services de l’entreprise. Car souvent, la matière n’est pas produite par les référenceurs : ils ont besoin d’une matière de qualité pour pouvoir lui donner ce coup de pouce qui la propulse en première page.

Et bien Lily, on ne t’arrête plus sur ces sujets, tu sembles t’y intéresser de près ?

C’est vrai, mais c’est aussi grâce à toi Marjorie qui m’offre cette tribune en m’interviewant. Je suis souvent plus frivole sur mon blog. Les bijoux sont un sujet plus léger.

Mais j’en profite tout de même pour inviter les lecteurs à gagner un pass de 2 jours au SMX Paris, (la Mecque du référencement !) les 16 et 17 juin 2014. J’ai justement organisé un petit concours sympathique et facile qui permettra aux patrons d’entreprises, du marketing ou tout simplement à ceux qui se préoccupent de la visibilité de leur site d’assister gratuitement à ces deux jours de conférences.

marjorie-siguA bientôt !

Marjorie Sigu
Sup de Pub
Marketing Digital

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Des questions subsidiaires à poser à Lily ?…
Peut-on suivre les avis d’un personnage numérique ?

ligne-fine

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4 Comments
  1. Rachel

    Bonne idée cet échange !
    Pour répondre à votre question, oui sur le plan marketing, les conseils de Lily sont très pertnents, même incontournables !!!
    Maintenant, une vie juste numérique, non, pas trop ! Il y a des choses de notre vie qui nous manqueraient très vite ! 😉

  2. François

    D’accord sur le fait que certaines entreprises ont des sites pour le moins has been.
    Leur présentation hyper commerciale est dépassée. Elles donnent l’impression de ne pas accorder d’importance à leurs clients. Un raisonnement top down comme indiqué dans l’article.

    En face de cela d’autres font preuve de beaucoup d’ouverture, laissent leurs clients réagir sur leurs sites, s’expliquent si besoin. Ces dernières prennent forcément quelques risques en faisant cela, mais elle créer une relation. Souvent ce sont des challengers de grosses structures engluées dans leur passé.

    Quand on voit parfois les sommes astronomiques dépensées en publicité télé par certaines et le peu d’interactivité possible ou le manque de transparence sur leurs sites, on peut se demander si elles ont pris conscience du virage numérique qui s’est déjà opéré.

  3. Christophe

    Oui Lily, question subsidiaire : c’est pas trop dur de vivre entre un Google qui fait la pluie et le beau temps sur le web et un message à faire passer pour ton entreprise ?
    Qui décide finalement de tes propos ?
    Toi, avec ta perception numérique ou ton « client » ?
    Qui s’investit pour trouver les sujets ?
    Qui a le dernier mot en cas de divergence de vue ?

  4. Lily

    Bonjour Christophe

    Pour ta première question, non, ce n’est pas plus difficile que pour n’importe qui d’autre.
    Et c’est justement le propos d’ailleurs. Comment communiquer alors que Google fait la pluie et le beau temps ? Voila pourquoi je pense que de nombreuses entreprises devraient s’en préoccuper un peu plus.

    Pour les 4 autres, la réponse me semble évidente, mais pour simplifier je vais répondre sous la forme d’une question.

    – Qui décide de ce que dit Mickey ? Lui ou la Walt Disney Company ?

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