Le numérique facilite-t-il la création d’entreprises ?

creation-entrepriseLe numérique, et les technologies qui y sont associées, ont participé à l’émergence de centaines de nouveaux métiers : intégrateur web, architecte de l’information, community manger, designer web, chef de projet web mobile, rédacteur web…

Avec ceux-ci se sont créés des milliers d’entreprises en France.

Plus perceptible au quotidien par monsieur tout le monde, le e-commerce représente une des faces émergées de l’iceberg. 

17% de sites e-commerce en plus en 2013 vs 2011

Selon la Fevad (Féderation e-commerce et vente à distance) on compte plus de cent mille sites e-commerce en France fin 2012, contre dix mille en 2002. Le e-commerce représentait 66.000 emplois fin 2011 sur le territoire national.

Si un certain nombre d’industries ont vu leur nombre diminuer sur le territoire (métallurgie, textile…) les « pure players » e-commerce ont vu leur nombre grandir. On nomme « pure player » les entreprises n’ayant pas de présence physique en magasin, mais opérant exclusivement en ligne. Ces entreprises n’auraient donc eu aucune chance d’exister sans l’avènement du numérique.

La création de TPE grâce au numérique

En tant que fondatrice d’un site e-commerce de vêtement pour enfants : www.babystock.fr voici ma vision des choses :

En bonne « mompreneur »1, c’est durant ma grossesse que l’idée a germé : vendre de la layette à prix discount. Très vite, un constat s’est imposé, mes maigres économies ne me permettaient pas de me lancer avec un fond de commerce classique (quelques notions de prix iciLes Échos, avril 2013).

Ayant dans mon environnement familial une personne dirigeant une entreprise de conception de sites, j’ai étudié ce projet avec elle.

Je suis partie avec un budget de 10.000 euros pour ma boutique incluant une part pour la communication. Le coût de mon stock était faible, car j’ai commencé en vendant des vêtements d’occasion achetés au fil des jours. Les commandes me permettaient de m’assurer une trésorerie viable. Je travaillais de la maison et ne me suis pas payée pendant plusieurs mois.

5 ans après, mon site web a totalement été remanié (près de 5 fois plus cher que le site initial), car il génère aujourd’hui plus de 400.000 euros de CA annuel. J’ai bien sur dû embaucher pour pouvoir traiter la demande.

  • Aurais-je pu me lancer en Brick and mortar ?
    Non, mes finances ne me le permettaient pas.
  • Le numérique m’a t-il permis de créer mon entreprise, de développer mon activité, de me payer, de payer des salariés ?
    Oui, car l’investissement initial a rendu cette création possible.

La création de grosses entreprises avec le numérique

On parle bien évidemment plus souvent de ces entreprises plus visibles. En France : Rue 89, Aufeminin, Doctissimo, Le post, devenu ensuite le huffingtonPost France, ou Mediapart qui défraie la chronique avec ses révélations régulières. À l’étranger : Google, Amazon…

Ces sociétés sont sorties du néant en n’existant que sur le web. Elles représentent aujourd’hui des millions d’employés à travers le monde.

La transition de la vraie vie vers le numérique

Le numérique aura donc permis la création d’entreprises, mais il en malmène d’autres.
Le changement de comportement des consommateurs induit parfois le glissement d’un canal vers un autre. La société Virgin ferme ses magasins physiques, les supports musicaux classiques (CD), n’ayant plus tellement la côte auprès de la jeune génération.

Les grands journaux quotidiens ont vu apparaître la concurrence de pure players, leur lectorat délaisse doucement, mais surement le papier au profit de tablettes et autres supports jugés plus pratiques.

On constate donc, en parallèle des créations d’entreprises numériques, une disparition de sociétés aux activités que l’on pensait presque ancrées à vie.

À l’heure où des entrepreneurs comme Xavier Niel s’attachent à créer les viviers (l’école 42) de développeurs pour permettre de répondre à la demande croissante de développeurs qui font cruellement défaut dans l’hexagone, la question subsidiaire pourrait être…

christine-babystockLe numérique permettra-t-il de sauver des emplois en France ?

Contribution de Christine Richard
Gérante de Babystock.fr

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 Jeunes mamans femmes d’affaires…

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7 Comments
  1. Adeline

    Belle histoire cette création d’entreprise. Tous mes voeux de réussite.
    Je ne sais pas quelle est la part d’altruisme de Monsieur Niel, mais il oeuvre indéniablement dans le bon sens. La France manque cruellement de bras dans certaines professions IT.

  2. Maxime

    Si on jette un coup d’oeil dans le rétroviseur, on s’aperçoit que chaque nouvelle technologie a commencé par générer un paysage assez flou où créations et destructions d’emplois se sont enchaînées. Puis avec le temps, la carte s’est redessinée avec de nouveaux emplois.

    La différence avec le numérique est certainement l’accélération du processus. Il semble certain qu’au final les perspectives de nouveaux emplois l’emportent largement !

    En même temps, la formation devra suivre, s’adapter. En ce sens l’école 42 de Xavier Niel, quelles que soient ses motivations, est une excellente chose, ne serait-ce que parce que ça devrait un peu « secouer le cocotier » de l’enseignement public !

  3. De plus les entreprises les plus rentables ayant créée leur activité sur Internet, sont celles n’ayant pas de stocks à gérer comme Google par exemple

  4. Michel Ferrer

    1. « Le numérique et ses technologies ont apporté de nouveaux métiers (des centaines !!!) » : d’un point de vue sémantique certainement, d’un point de vue opérationnel n’est ce pas une évolution des compétences que le travailleur considère simplement comme la vie ! La question que je me pose alors : quel est le coût de complexifier les services humains de nos grandes entreprises d’une centaine de « métiers » ???

    2. La création des nouveaux business : lorsque le numérique participe à l’agrégation, l’unification, la simplification des procédures, son apport est indéniable…

  5. A la question « Le numérique permettra-t-il de sauver des emplois en France ? », je répondrais oui. Le numérique permet de développer des activités sur internet et donc de maintenir en vie certaines entreprises qui se trouvaient au bord du gouffre. Avoir une boutique en ligne peut permettre de ne pas se ruiner en locaux.
    Et puis, il ne faut pas oublier tous les métiers auxquels on ne pense pas toujours, nécessaire pour gérer sa présence en ligne. Les community managers sont la partie visible, il y a aussi des métiers « invisibles » sur le web.

  6. Certes le numérique a apporter de nouvelles activités, dont une minorité de personnes et entreprises ont réussi à en vivre… Cependant, avant de commencer à dégager un salaire pour un purplayer, c’est bien plus d’une année qu’il faut et un petit capital d’investissement… Bref, cela limite considérablement les chances de s’engager vers ces nouveaux métiers.

    J’ai commencé à faire des pages web en 1994, au tout début, avant la bulle Internet, j’ai investi beaucoup de temps dans cette activité et je travaille a ce jour avec de nombreux partenaires purplayer sur le net… Cependant, malgré de bonnes compétences en étude et développement de projets web nous dégageons pas de vrais salaires…

    Le problème du numérique en France, c’est le retard des entreprises à adhérer à ces nv technologie et numérique, ce qui a d’ailleurs probablement causées la perte de nombreuses entreprises française, le manque d’innovation et une politique trop longtemps conservatrice à briser l’envol des nv technologie (minitel…)

    Ensuite ça été tout pour le numérique, besoin de rattraper le retard ils ont développé un besoin, faire des sites web par exemple, comme ce le fut avant pour les métiers de l’infographie… A croire qu’on orientait les gens vers des secteurs porteurs d’emplois. Mais a pousser trop de gens dans un même secteur et lorsque la demande n’est pas au rendez vous…

    Bref, ces actions ont permis a occuper de nombreux demandeur d’emplois et financer de nombreux centre de formation, en contrepartie dévalorisé ces métiers, soit 1 poste pour 10 demandeurs cela créa une dévalorisation des salaires et un échec pour de nombreux porteurs de projets… Une sorte de capitalisme sauvage un peu comme (Les raisins de la colère) de Strindberg…

    A ce jour, la politique de développer un centre de recherche du numérique est peut être un bon pas en avant, mais ce qu’il manque pour avancer dans les métiers du numérique ce sont des spécialistes du numérique qui puissent analyser et définir des besoins du numérique et orienter et partager vers tous les acteurs du numérique, et non pas uniquement les startups, ou grandes PME. Sans cela ce sera pour la majorité des acteurs purplayer la roulette russe et d’autres de longues années avant démerger !

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