Education numérique : quels changements pour quelles valeurs ajoutées ?

happy children holding digital tablet

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L’avènement des nouvelles technologies d’information et de communication a entraîné un bouleversement profond de nos modes de vie et de nos manières de penser. L’accès facilité à l’information a une influence non seulement sur nos connaissances, mais également sur notre perception du monde. Dans le secteur de l’éducation, l’utilisation d’Internet et des nouvelles technologies a un impact indéniable sur les pratiques pédagogiques et leur assimilation. Quels sont les enjeux et les bénéfices de l’éducation numérique ? Comment les enseignants peuvent-ils tirer parti de ces outils qui redéfinissent les usages et les modes d’apprentissage ?

Praticité, inégalités, partage, rapidité… ? Quels constats pour le numérique ?

La révolution numérique ne se limite pas à de nouveaux usages, elle repose sur la démocratisation de ses derniers. Dans nos sociétés, l’utilisation d’Internet est massive, que ce soit dans le monde professionnel, comme loisir ou en tant que support d’information alternatif. Elle concerne tous les secteurs d’activité et toutes les tranches d’âge. Dans les pays développés, ce sont plus de 95% des foyers qui sont équipés.

Les outils numériques ont engendré de nouvelles façons de communiquer : grâce au web, les frontières temporelles et spatiales s’effondrent. Véritable bibliothèque de connaissances, le web permet de trouver en quelques clics l’information recherchée. L’accès aux connaissances est facilité, mais également plus ludique. Internet n’est pas un média comme les autres : devant un écran d’ordinateur, l’usager n’est plus uniquement un récepteur. Il est à la fois actif et passif ; sa curiosité est sans cesse sollicitée par la serendipité du web. Grâce à un véritable réseau de liens hypertexte, il peut, d’une page à l’autre, approfondir ses connaissances. Sans compter qu’il peut aussi devenir acteur de son savoir en collaborant à cette infinité de contenus qui tissent la toile.

Dès lors, l’on comprend aisément les enjeux de l’éducation numérique. D’une part, il s’agit d’encourager les élèves à utiliser des outils incontournables au quotidien et dans le monde professionnel et dont l’absence de maîtrise pourrait devenir un handicap. D’autre part, il convient de canaliser et d’encadrer ces usages. Il convient de mettre en avant ce que l’on entend depuis plusieurs d’années : « que feraient les jeunes sans internet ».  Et d’ici peu nous pourrons aisément nous poser la question : « Que feraient les jeunes sans leur Smartphone ? ». Les changements de comportements sont donc un fait, les natifs numériques sont déjà là. Michel Guillou, spécialiste du numérique éducatif, a récemment publié une étude sur les pratiques numériques médiatiques des jeunes, enjeux et perspectives. 99% des 12 à 17 ans se disent internautes, 80% des moins de 5 ans utilisent internet 1 fois par semaine et 54% des 6 – 15 ans disent préférer demander à Google plutôt qu’à leurs parents quand ils ne savent pas. C’est dire l’évolution, et la nécessité de prendre en compte ces chiffres dans la vision de l’enseignement.

L’éducation avec ou sans enseignant physique ? Retour sur son véritable rôle

Il serait illusoire et improductif de chercher à éluder les outils numériques à l’école, au profit des seuls moyens d’éducation traditionnels. Contrairement aux idées reçues, de nombreuses études ont démontré que le numérique avait un impact positif sur la réussite scolaire. Selon un rapport publié en ligne par Robert J Marzano, les outils numériques permettraient d’améliorer les résultats scolaires de 16% à 31%. Pour autant, il n’est pas question de laisser les jeunes seuls face à leur écran. Les outils numériques ne remplacent pas l’enseignant, qui conserve un rôle fondamental dans l’apprentissage. En revanche, ils engendrent de nouvelles pratiques pédagogiques.

Pour l’enseignant, Internet est non seulement un moyen alternatif d’enseigner et une adaptation à l’environnement culturel de l’élève. Il ne faut pas oublier que les générations dites « digital natives » ont grandi et évolué dans un environnement fortement conditionné par le numérique. En ayant recours à des outils familiers, que le jeune peut facilement s’approprier, comme les applications mobiles, les plateformes collaboratives, les forums ou les réseaux sociaux, l’enseignant gomme d’éventuelles différences générationnelles. Pour les élèves, le bénéfice est réel : l’interactivité du web et des outils qui en découlent peut favoriser leur participation. Ils se sentiront plus impliqués dans le processus d’assimilation des connaissances.

Est-ce à dire que l’enseignant peut être substitué par les outils numériques ? Bien au contraire ! Internet se caractérise par une surabondance de contenus et de sources. Il est courant d’opposer les sources d’informations incarnées par les médias, le corps scientifiques, les leaders d’opinions, les personnalités publiques de celles qui proviennent des utilisateurs eux-mêmes qui s’expriment à travers les blogs, les forums ou les réseaux sociaux. C’est ici que l’enseignant trouve sa place. Il est en effet indispensable d’apprendre aux élèves à conserver une distance critique face aux données collectées sur le web, notamment en suscitant des débats constructifs autour du numérique. Finalement, le but de l’enseignant reste le même, quel que soit le support pédagogique : transformer l’information brute en savoir réel.

Une transformation de l’apprentissage… Mais de quelle manière ?

Dans de nombreux domaines, le numérique est un vecteur de changements qui a fait émerger de nouveaux modèles. Et le monde de l’éducation n’est pas exclu de ces mutations, qui entraînent des modifications d’habitudes. Aujourd’hui la présence physique des élèves dans une salle de classe n’est plus une condition indispensable pour apprendre. Les étudiants peuvent accéder aux cours en ligne en cas d’absence ou pour compléter leurs notes. Il leur suffit de se connecter au site de leur école ou de leur université pour connaitre leurs résultats aux examens, sans avoir à se déplacer pour consulter les tableaux d’affichage. L’utilisation des terminaux nomades, comme les tablettes ou les Smartphones permettent d’apprendre en tous lieux et en tous temps. Le jeune, qu’il soit lycéen, collégien, lycéen ou étudiant bénéficie d’une formidable autonomie : il peut consolider ses connaissances quand il le souhaite et comme il le souhaite.

Le numérique a incontestablement transformé nos sociétés, tant sur les plans économiques et humains, que sociétaux. Dans le secteur de l’éducation, les nouvelles technologies tiennent désormais une place majeure. Les évolutions technologiques conduiront-elles à repenser et remodeler le système éducatif actuel dans les décennies à venir ? Sommes-nous aujourd’hui prêts à faire évoluer le système ? Et quel sera alors la place du corps enseignant dans ce nouveau système ?

Mathieu, enseignant

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Un commentaire
  1. Eric LEGER

    Je me permets de réagir brièvement à cet article, tout particulièrement au plan de la non nécessité pour apprendre, d’une présence physique de l’élève dans une structure scolaire « classique (salle de classe).
    Il me paraît crucial d’aborder les impacts du numérique / digital tant au plan intellect (connaissances) que social.
    L’école est un « omnicanal » de formation (intellectuel, artistique, …) mais également de développement de la personnalité, au contact des autres.
    L’apprentissage doit évoluer pour plus de partage, de compréhension, de simplification, de solidification des fondations, …
    Les outils ne seront donc que d’un relatif faible apport s’ils ne sont pas encapuslés dans un ensemble éducatif.

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