Big data dans l’éducation, le nouveau big bang ?

bigdata-educationDonnées, algorithmes, data… et éducation

Il ne se passe plus une journée sans que le big data ne fasse les gros titres des médias. Porté par l’essor du web, l’EMC estime que près de 90 % des données récoltées depuis le début de l’humanité ont été générées durant les 2 dernières années. De multiples acteurs – privés, publics, associatifs, scientifiques – se positionnent afin de développer leurs compétences analytiques et d’améliorer le traitement des données collectées.  D’ici 2018, plus de 10 000 emplois directement liés au Big Data devraient être ainsi créés. Industrie, marketing, santé, transport… Cette explosion du volume des données ouvre de multiples champs d’application dans des secteurs riches et variés. Le dernier impacté par ce big bang de la data ? Celui de l’éducation ! Dans cet environnement réputé pour son conservatisme et ses traditions, le petit monde de l’apprentissage prépare en silence sa révolution…

En route pour l’apprentissage prédictif ?

Première révolution, l’arrivée des algorithmes prédictifs… régulièrement utilisés par les géants du web comme Airbnb ou Blablacar, ces derniers permettent de personnaliser au mieux l’expérience de l’internaute. Dans son sillon, de nombreuses startups EdTech tentent d’importer ces logiques dans l’univers de l’éducation.

Ainsi, la start-up EdTech Kokoroe a mis en place un des premiers programmes algorithmes de recommandation étendus aux cours particuliers. Son ambition à terme : prédire la préférence de l’élève et proposer le professeur le plus adapté  à ses besoins, ses disponibilités, son niveau ainsi que son budget. Alors, la recommandation personnalisée est-elle l’avenir de l’éducation ? Les données seront sans conteste de plus en plus au cœur du processus de l’apprentissage.

Les premiers learning analytics

Le bonheur du professeur ? Pouvoir ajuster ses méthodes d’apprentissage selon les niveaux de chacun des élèves de sa classe. C’est désormais chose possible grâce à l’arrivée des premiers learning analytics. Fondés sur l’analyse de données collectées à l’occasion d’exercices et de cas pratiques, les learning analytics permettent à l’enseignant d’adapter leur programme et leurs ressources pédagogiques en fonction des besoins de ses élèves.

Tandis que l’Ecole peine à individualiser son enseignement aux besoins de chacun, l’Ecole 42, pionnière en la matière, se positionne actuellement sur ce volet, en développant un programme éducatif fondé sur ces principes. Dans cet environnement, les learning analytics permettraient d’optimiser l’apprentissage de chacun en agissant sur trois niveaux : l’identification des opportunités d’apprentissage, l’adaptation des cours selon le profil de chacun et la communication aux apprenants de  ces informations en concordance avec leurs attentes. En pratique : les besoins de l’élève sont détectés, le cours est adapté et des ressources pédagogiques personnalisées lui sont adressées.

L’adaptive learning ou la fin de l’échec scolaire ?

Pour l’heure, l’adaptive learning se limite encore aux cours et formations disponibles en ligne, permettant de capitaliser sur les données collectées… mais demain, des tableaux de bord pourront être mis à disposition dans l’école : ceux-ci permettront de piloter les activités des élèves et d’orienter les équipes pédagogiques au regard des profils.

Véritable « GPS de l’éducation », l’adaptive learning serait alors demain le meilleur moyen de prévenir le risque de décrochage et de conduire un étudiant vers le meilleur chemin de la réussite. En France, le déploiement massif d’une telle solution permettrait ainsi d’éviter à 71 % d’entre eux le décrochage scolaire, selon Educlever. De quoi prévoir encore un bel avenir à l’univers du big data…

Béatrice Gherara
Co-fondatrice de Kokoroe

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3 Comments
  1. Poujois Gilles

    Bonjour
    Il est clair qu’il faut relativiser. L’article écrit par la fondatrice d’une start up qui fait l’éloge de son coeur de métier ( et donc de sa société ) aurait plutôt tendance à enjoliver les choses. Ces informations seront à ajuster avec le temps. On peut effectivement se poser la question de savoir si les analyses et les outils numériques chers au monde du mercantilisme devant permettre de vendre toujours plus (- jamais assez) seront applicables au monde de l’éducation? Tout est une question de R.O.I. Le jeu en vaut il la chandelle financièrement?

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